Société

INTERVIEW DE MOISE TCHANDO KEREKOU

Publié le mercredi 4 novembre 2020, par Lemessager-actu

« L’Afrique ne doit rester assise à attendre les investisseurs, mais à aller les chercher »

Il est aujourd’hui l’une des voix les plus écoutées de la jeunesse africaine. Moïse Tchando Kérékou. Le panafricaniste, auteur de l’ouvrage « L’Union Africaine et processus d’intégration », ne cesse d’appeler à une Afrique émergente. L’ancien Ambassadeur du Bénin en Turquie gagne davantage la confiance des grands hommes d’affaires d’Afrique et du monde. Désigné Directeur du Fonds d’investissement et de solidarité de la diaspora africaine, il y a presque deux ans, une recommandation issue des dernières éditions du Mois de la Diaspora Africaine Constructive, Moise Kérékou s’engage pleinement avec les partenaires de la Société africaine d’investissements et de gestion d’entreprises(Saige) dans le lancement de la plateforme digitale de financement des projets de développement en Afrique. Dans le cadre des préparatifs de la troisième édition de cette rencontre internationale qui se tiendra à Dubaï, le 5 décembre prochain, Moïse Tchando Kérékou nous explique les véritables enjeux liés à ce rendez-vous et ses impacts sur la facilitation des investissements en Afrique. Entretien !

Comment se prépare la troisième édition du Mois de la diaspora africaine constructive ?
La troisième édition se passe très bien. Je viens d’effectuer une mission à Dubaï dans le cadre des préparatifs et j’ai été agréablement surpris de constater l’intérêt que les arabes portent sur les échanges et les transactions en Afrique parce que c’est le continent de l’avenir. Faudrait-il rappeler que le thème de cette 3ieme Edition est : Amélioration du Partenariat Public-Privé en Afrique pour le financement des projets de développement".
Pour pouvoir attirer les investisseurs, réussir les mises en relations d’affaires, accroître les opportunités d’affaires et surtout faciliter la saisie de ces dernières aux jeunes, nous devons re-penser les PPP, entendez Partenariat-Public-Privé.
Comment comprendre le choix de Dubaï pour abriter cette nouvelle édition ?
Dubaï, parce que depuis bientôt deux ans, notre partenaire officielle SAIGE noue des relations d’affaires importante dans les pays du Golfe dont le potentiel d’investissement n’est plus à démontrer. Nous avons compris que l’Afrique ne doit rester assise à attendre les investisseurs mais à aller les chercher.
Dubaï, parceque c’est une plateforme internationale de mobilisation de capitaux pour l’investissement. Et ce que nous voulons faire c’est non seulement de financer de gros Projets d’infrastructures structurants d’Etat mais aussi de permettre aux jeunes qui ont des PME ou même de très petites entreprises de pouvoir bénéficier en retour des retombées de ces investissements. Il y aura assez d’opportunités dans la sous-traitance et les services.
Au programme de cette édition, on note le lancement de la plateforme digitale de financement des projets en Afrique. En quoi pourrait-elle contribuer à la réalisation des projets de développement en Afrique ?
Avec le développement des échanges mondiaux transfontaliers et l’évolution du numérique, de nouveaux outils financiers ont été développés, au nombre desquels les plateformes de financements des projets qui constituent en soi une innovation dans la finance internationale et dans les partenariats entre investisseurs et porteurs de projets. Avec la plateforme de crowfunding de Saige, il est désormais possible que les jeunes entrepreneurs africains mettent en ligne leurs projets et obtiennent des financements d’investisseurs arabes et plus même, des investisseurs du monde entier. Saige-Dubaï accompagnera les gouvernements, les structures d’États ( Sociétés d’État, les Districts et Mairies), les Sociétés Privées en partenariat public-privé avec les États Africains dans la réalisation de leurs projets.Plus besoin de perdre du temps et sa dignité chez des banquiers et des usuriers. En un seul clic, pourvu que vous ayez une connexion internet, votre projet est en ligne et à la minute qui suit, les souscriptions tombent ; mais faut que le projet intéresse et attire. Et c’est là que les jeunes doivent jouer leur partition en montrant leur sérieux et en initiant des projets bancables et novateurs.
La plateforme fera gagner énormément du temps et de l’argent aux jeunes entrepreneurs.
Je voudrais profiter de l’occasion que vous m’offrez pour saluer la nouvelle vision du Togo portée par Son Excellence le Président Faure Gnassingbé et le leadership des hommes qui l’accompagnent notamment, M. Kovi Akoété Adanbounou qui n’a pas fait économie d’efforts et de moyens pour rendre cette plateforme opérationnelle.
Quel est votre message d’appel de soutien des gouvernants africains et organisations mondiales à cette initiative ?
Je vais vous parler franchement. Je pense que le Togo est entrain de montrer l’exemple en Afrique de l’Ouest et même dans toute l’Afrique de ce qu’on peut développer autrement nos États et l’Afrique. Il faut que les autres pays comme mon pays le Bénin suivent l’exemple de ce qui se fait maintenant au Togo, et du changement opéré pour le bien-être de la population. Pour cela, la vision et le leadership sont importants. Les moyens viennent après et se mettent automatiquement en place dès que la vision et le leadership sont là. Ça c’est d’une part.
D’autre part, nous rappelons à l’opinion publique de toute l’Afrique et au-delà du continent que nous sommes à la troisième édition du Mois de la diaspora africaine constructive et que chaque édition s’est soldée par une innovation constructive au service de l’économie, de l’entreprise et de la jeunesse. Avec la plateforme digitale de financement de projets et de mise en affaires, c’est un autre monde plein d’espoir qui s’ouvre à présent aux jeunes entrepreneurs sérieux qui n’a plus le droit à l’erreur ou à condamner les dirigeants. Mais une seule hirondelle ne fait pas le printemps. Nous avons fait le premier, le second et le troisième pas, il est temps que les gouvernements africains et les institutions internationales nous viennent en aide à travers des subventions conséquentes, comme cela se fait déjà dans les pays émergents pour accompagner cette nouvelle dynamique qui sans nul doute augure de la fin définitive du chômage et de la pauvreté. Merci.

Propos recueillis par la rédaction