Culture

Les héritiers et élèves artistes se mobilisent pour sauvegarder les œuvres du professeur Paul Ahyi

Publié le samedi 20 janvier 2018, par Lemessager-actu

L’homme est certes mort mais demeure une légende éternelle pour les vivants et ceci par ses nombreuses œuvres artistiques qu’il a laissé à son pays. Ses ‘élèves artistes’ et héritiers réunis au sein du SYNATO (Syndicat National des Artistes du Togo) et qui se reconnaissent dans les œuvres du professeur ont décidé samedi 20 janvier 2018, huit ans après sa disparition de dire non à ceux qui détruisent les œuvres du feu Paul Ahyi.

Une manifestation publique a été organisée à cet effet, par le bureau du syndicat devant les fresques de Paul Ahyi visibles sur les murs de l’ancien place Goyi Score devant l’église presbytérienne Apégame juste à côté de Privilège.

Les œuvres de cet artiste créateur et complet revêtent aussi bien une dimension publique que privée, et d’un savoir-faire mis au service d’une imagination débordante.

Sculpteur et peintre, il avait la rare maitrise de plusieurs techniques : armé de ciseaux et du maillet, de la râpe et de la gouge ; de l’herminette et du bédane ; de la boucharde et de la sciotte, il a sculpté le bois, façonné le fer, le bronze, l’acier, le cuivre, travaillé l’argile, le ciment, le marbre ou le granit.

Grâce à la technique du « Zota », bois brûlé au chalumeau, il a sculpté le bois africain. Il a moulé l’argile de Bassar, cuit au four des céramiques livrées aux pigments brillants que sa palette sait si bien créer . Il a créé des murs de lumières avec des pavés de verre aux éclats personnels ; il a laissé des œuvres monumentales que ce soit au Togo ou un peu partout dans le monde.

Des amas de ferraille, il a fait naître, avec l’enthousiasme d’un enfant, des poésies métalliques. D’un métal sans vie, il a créé des objets avec une âme qui aujourd’hui, nous transportent encore dans un monde plein de grâce, d’admiration, de contemplation, de réflexion et d’émotion.

Voilà autant de richesses qu’il a laissé aux futures générations de son pays et dont les artistes peintres et sculpteurs veulent à tout prix sauvegarder.

‘Le professeur Paul Ahyi incarnait la paix et le développement. Nous sommes les héritiers du professeur, il nous demandait de sauvegarder les institutions de la République et de protéger toute œuvre de l’esprit que l’auteur soit petit, grand, riche ou pauvre autochtone ou étranger’, a souligné Batenga redah, sécretaire du syndicat devant la presse.