Politique

Mali :La 2ème réunion du GST-Mali s’est tenue à Lomé

Publié le mercredi 10 mars 2021, par Lemessager-actu

« Nous n’avons d’autres choix que d’aider les Maliens à réussir cette transition », dixit Faure Gnassingbé

Les travaux de la deuxième réunion du Groupe de suivi de la transition au Mali (GST-Mali), se sont déroulés lundi 8 mars 2021 à Lomé dans la capitale Togolaise. La réunion du Togo qui a permis aux participants de faire le point de l’état des avancées de la feuille de route de la transition, et de mesurer le niveau de mise en œuvre des recommandations issues de l’accord d’Alger a été ouverte par Faure Gnassingbé, le président de la République.

« Nous n’avons d’autres choix que d’aider les Maliens à réussir cette transition. La réussite de cette période de transition n’est plus une option mais plutôt un impératif  », a fait remarquer le chef de l’Etat togolais qui a exprimé un engagement sans faille de son pays à soutenir la République sœur du Mali et à l’accompagner jusqu’aux prochaines élections présidentielles devant marquer la fin de la mission de la transition.

« Le soutien indéfectible du Togo au Mali et mon engagement personnel pour une transition réussie dans ce pays, reposent non seulement sur l’impérieux devoir de solidarité, mais aussi et surtout sur la communauté de défis et des enjeux sociopolitiques et sécuritaires qui se jouent en arrière-plan, avec des conséquences sous-régionales et régionales certaines  », a indiqué le président de la République, Faure Gnassingbé.

« Le soutien à un pays frère dans un moment aussi délicat que celui d’une transition politique ne doit pas être un vœu pieux. La solidarité tout comme la paix n’est pas un vain mot. Mais plutôt un comportement, un geste, une action, une main tendue qui créée l’espoir chez l’autre en situation difficile.

Le Togo, mon pays souscrit pleinement à cette philosophie de l’action et du pragmatisme. Il en a fait une constance de sa politique étrangère aussi bien sur le plan communautaire que sur la scène internationale.

Dans le contexte malien, cette philosophie a rencontré l’adhésion de toutes les parties prenantes notamment le peuple malien debout et politique mature, mais aussi les autorités de transition qui œuvrent inlassablement en vue du rétablissement de la paix et de la stabilité institutionnelle conformément à la feuille de route arrêtée d’un commun accord avec la CEDEAO.

Je voudrais les encourager à se concentrer davantage sur les défis intentionnels et sociopolitiques toujours en latence en prenant appui sur ce précieux groupe de soutien mis en place par l’Union Africaine.
Je salue tout particulièrement l’action dynamique de la CEDEAO sous l’autorité de SEM. Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, Président de la République du Ghana, et Président en exercice de notre communauté dont la constance sollicitude envers le Mali depuis le début de la crise.
Le soutien indéfectible du Togo au Mali et mon engagement personnel pour une transition réussie dans ce pays repose non seulement sur l’impérieux devoir de solidarité mais aussi et surtout sur la communauté de défis, des enjeux sociopolitiques et sécuritaires qui se jouent avec des conséquences sous-régionales.
Les enjeux de la situation malienne sont nombreux et variés. Il y a d’abord sa position géopolitique qui en fait un pays carrefour dont l’instabilité prolongée aura inéluctablement un impact direct sur les pays voisins dans tout le Sahel et pourrait même entraîner l’embrasement de toute la sous-région.
La réussite de cette période de transition, n’est plus une option mais plutôt un impératif.
La partition qu’il nous revient de jouer doit contribuer à la création des conditions nécessaires au développement d’un État malien capable de répondre aux besoins de ses citoyens, d’exercer pleinement son autorité sur l’ensemble de son territoire national et d’assumer efficacement ses responsabilités dans la promotion de la sécurité régionale et la recherche de solutions à d’autres défis communs
 » a indiqué Faure Essozimna GNASSINGBE, Président de la République.

Les travaux de cette deuxième réunion du groupe de suivi et de soutien à la transition malienne ont porté entre autres sur l’état de mise en œuvre des réformes politiques et institutionnelles, la préparation des élections générales, la situation économique et le point de situation sur les questions humanitaires, de défense et de sécurité. Les discussions ont également pris en compte l’état de mise en œuvre de l’accord de paix et de réconciliation au Mali.

« La partition qu’il nous revient de jouer doit contribuer à la création des conditions nécessaires au développement d’un État malien capable de répondre aux besoins de ses citoyens, d’exercer pleinement son autorité sur l’ensemble de son territoire national et d’assumer efficacement ses responsabilités dans la promotion de la sécurité régionale et la recherche de solutions à d’autres défis communs », a déclaré le président togolais.

« Face aux menaces auxquelles nous sommes confrontés, qui défient l’intangibilité des frontières et fragilisent la stabilité de notre ensemble sous régional, je voudrais pour ma part, au nom de la République togolaise, vous réaffirmer notre disponibilité et notre engagement sans faille à soutenir la République sœur du Mali et à adhérer aux initiatives innovantes et solidaires, à l’image du GST Mali, qui permettront de remettre ce pays sur la voie de la stabilité et de la paix durables. La réussite de la transition au Mali n’est pas une option, mais plutôt un impératif », a-t-il conclu.

Pour le ministre togolais des Affaires Etrangères, de l’intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, Robert Dussey, le fait que le Togo accueille cette réunion, illustre son engagement pour l’instauration de la paix et de la stabilité au Mali.
Le Premier ministre, Victoire Tomégah-Dogbé, le Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies au Mali, Mahamat Saleh Annadif, des ministres des Affaires Etrangères de l’Algérie, du Burkina Faso, du Ghana, du Togo, les premiers responsables du gouvernement de transition malien, ainsi que de plusieurs représentants du système des Nations Unies au Togo ont honoré de leur présence à cette réunion.
Les travaux ont débouchés sur des conclusions en 11 points .
Germain DOUBIDJI

2ème REUNION DU GROUPE DE SUIVI ET DE SOUTIEN A LA TRANSITION AU MALI

Lomé, 08 mars 2021

Conclusions

1. Le Groupe de suivi et de Soutien à la Transition au Mali (GST-Mali) a tenu sa deuxième réunion à Lomé (Togo) le 08 mars 2021, sous les auspices de l’Union africaine (UA), de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et des Nations unies, co-présidents du Groupe. La cérémonie d’ouverture a été présidée par SEM. Faure EssozimnaGNASSINGBE, Président de la République Togolaise.

2. La réunion a connu la participation de SEM. Smaïl Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, de S.E. Mme Minata Samaté Cessouma, Commissaire aux affaires politiques de l’UA, du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale du Mali, SEM Zeini Moulaye, du Ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Régionale et des togolais de l’Extérieur, SEM Robert Dussey, de la Ministre des Affaires Etrangères du Ghana, S.E. Mme Shirley Ayorkor Botchway Président en exercice du Conseil des ministres de la CEDEAO, du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations unies, Chef de la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA), SEM Mahamat Saleh Annadif. Les Ministres des Affaires Etrangères de …La réunion a également connu la participation du Secrétaire Permanent du G5 Sahel, des pays voisins du Mali, des pays observateurs et de plusieurs organisations internationales .

3. Les participants ont été informés par le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale du Mali et les autres membres compétents du Gouvernement de l’évolution du processus de Transition en cours dans le pays, notamment sur les avancés réalisés dans lesréformes politiques et institutionnelles, l’état de préparation des élections générales de 2022, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, la situation économique, la situation humanitaire ainsi que les défis liés aux questions de défense et de sécurité. Les participants ont eu des échanges approfondis sur les points inscrits à l’ordre du jour de la réunion.

4. Les participants ont pris note avec satisfaction des avancées enregistrées depuis la réunion inaugurale du GST-Malitenue le 30 novembre 2020 à Bamako dont certaines recommandations ont déjà été mises en œuvre, conformément aux dispositions pertinentes de la Charte de la Transition. A cet égard, ils se sont félicités du parachèvement de la mise en place des organes de la Transition à travers la mise en place du Conseil National de Transition (CNT) dont le rôle est crucial pour l’adoption des réformes attendues. Le fonctionnement de l’ensemble des organes de la Transition est un gage non négligeable de la réussite du processus en cours.

5. Les participants ont salué l’initiative du Premier ministre du Mali de rencontrer, le 10 février 2021, la classe politique malienne pour échanger sur les principaux défis de la Transition ; ils ont souligné la nécessité pour les parties prenantes maliennes de maintenir et consolider cet espace de dialogue et de concertation pour la préservation de l’esprit de consensus dans la conduite de la Transition, en vue d’aboutir à des Réformes hardies et des élections apaisées.

Les participants ont également salué l’adoption, par le Conseil National de Transition, du Plan d’action du Gouvernement de la Transition le 22 Février 2021. Ce Plan d’actionqui définitsix axes prioritaires permettront de faciliter un accompagnement adéquat des partenaires. Sur la préparation des élections, les participants ont pris note des initiatives du Gouvernement, notamment la création d’une Cellule d’appui au processus électoral qui dispose d’un espace politique de concertation ouvert à l’ensemble de la classe politique. Ils ont exhorté l’ensemble des acteurs du processus électoral à faire de cet outil un véritable cadre de dialogue pour la recherche du consensus sur les réformes électorales à mettre en œuvre dans la perspective des élections de 2022. Ils ont également noté la décision des autorités de la Transition de dissoudre, conformément à la loi, la Commission Nationale électorale Indépendante (CENI) dont le mandat des membres était arrivé à terme, et attendent avec un grand intérêt la mise en place du dispositif organique définitif de gestion des prochaines élections ainsi que la finalisation consensuelle d’un chronogramme pour les futures échéances électorales.

6. Les participants ont exprimé leurs préoccupations face aux risques que pourront engendrer les mouvements sociaux déclenchés par plusieurs syndicats et corporations dans divers secteurs de la vie socioéconomique du pays, malgré la signature le 05 février d’un accord avec l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM). A cet égard, ils ont lancé un pressant appel à l’ensemble des parties prenantes à privilégier le dialogue et le compromis afin d’apaiser le climat social. Ils ont noté la volonté du gouvernement d’organiser une conférence sociale à l’issue de laquelle pourrait être signe un PACTE SOCIAL entre les acteurs sociaux et le gouvernement pour un climat social plus apaisé. Les participants ont rappelé la nécessité pour l’ensemble des forces vives de la nation malienne de contribuer à la réussite de la Transition compte tenu de la délicatesse de cette période. Dans ce contexte, ils ont aussi insisté sur l’impératif du respect scrupuleux du délai de 18 mois prévus par la Charte de la Transition.

7. Les participants ont salué les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord de paix, particulièrement l’adoption, le 18 décembre 2020, de la feuille de route actualisée pour la mise en œuvre de l’Accord et la tenue à Kidal le 11 février 2021 de la 5ème session ministérielle du Comité de Suivi de l’Accord (CSA), expression d’une nouvelle dynamique de confiance entre les Parties maliennes signataires de l’Accord. Les participants ont apprécié les annonces faites à cette occasion par les partenaires du Mali. Ils ont rappelé l’importance de l’Accord de paix et exhorté les Parties signataires à tout mettre en œuvre durant la période de Transition pour obtenir des avancées significatives, et ont à cet égard salué les efforts consentis par l’Algérie, Chef de fil de la Médiation Internationale.Les participants ont aussi apprécié les visites effectuées par des membres du Gouvernement dans les régions du Nord, y compris celles des autorités militaires aux troupes engagées sur les théâtres des opérations et la tenue le 09 février de la réunion de niveau décisionnel sur la mise en œuvre du volet « Défense et Sécurité » de l’Accord. Les participants ont enfin encouragé la partie malienne à poursuivre cette dynamique de confiance et de concertation pour faire avancer la nouvelle feuille de route de mise en œuvre de l’Accord

8. Les participants se sont réjouis des contributions annoncées par des pays et organisations membres du Groupe, notamment le décaissement immédiat de plus de 57 millions de dollars US (plus de 31 milliards de FCFA) accordé par le Fonds Monétaire International (FMI) en appui aux réformes économiques prévues par le Gouvernement. Ils ont lancé un appel à l’ensemble de la Communauté internationale pour apporter au Mali l’appui technique et financier nécessaire à la mise en œuvre de la feuille de route de la Transition et du Plan d’action du Gouvernement.

9. Les participants ont remercié l’UA, la CEDEAO et les Nations unies, pour leurs efforts conjoints en appui à la Transition au Mali ainsi qu’à la médiation internationale pour la mise en œuvre de l’Accord de Paix et de Réconciliation et tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux pour leur mobilisation et leur accompagnement pour la paix, la concorde et le développement socio-économique au Mali.

10. Les participants ont noté avec satisfaction les efforts soutenus de SEM. Faure Essozimna GNASSINGBE,Président de la République Togolaise pour l’accompagnement du Mali et invitent le Togo àpoursuivre ses efforts pour l’approfondissement du dialogue politique et le renforcement de la paix et la stabilité au Mali et dans le Sahel.

11. Les participants ont exprimé leur profonde gratitude au Gouvernement de la République du Togo pour les facilités et l’hospitalité qu’elles leur ont réservé à l’occasion de cette réunion. Ils ont remercié les co-organisateurs de cette réunion et ont convenu de tenir la prochaine réunion du Groupe au mois de juin 2021àBamako, à une date qui sera fixée par voie de consultation.