Société

Pétrolegate : Procès renvoyé au 8 juillet 2021

Publié le mardi 13 avril 2021, par Lemessager-actu

Qui a modifié les termes de référence de la mission de réconciliation ?

Le procès en appel dans l’affaire dite de « pétrolegate » qui oppose la famille Adjakly, plus précisément M. Adjakly Fabrice et le directeur de publication du Bihebdomadaire Alternative et son journal, n’a pas pu se tenir le 8 avril passé comme prévu. Il a été renvoyé pour le 8 juillet prochain sur demande des avocats de la défense, qui évoquent les motifs liés à la maladie de deux d’entre eux. Autre motif évoqué pour demander le renvoi du procès, c’est la réception tardive, selon eux, des conclusions de Me Eric Sossah, avocat de la partie civile. Ils évoquent n’avoir pas eu le temps de bien lire le contenu des conclusions, car ne l’ayant reçu que le vendredi de Pâques, le 02 avril donc.

En effet, fixé pour le 11 février 2021, le procès dont l’appel a été interjeté par la défense,(pour rappel, Ferdinand Ayité et son journal avaient été condamnés en première instance en novembre 2020 à payer la somme de 6 millions fcfa à Fabrice Adjakly , le coordonnateur du Comité de Suivi des Fluctuations des Prix des Produits Pétroliers, CSFPPP, comme dommages et intérêts, pour diffamation, et surtout pour n’avoir pas pu apporter les preuves de ses écrits), a été renvoyé pour une première fois pour le 11 mars 2021. Le renvoi pour le 8 juillet 2021 constitue, le troisième, toujours, sur demande de la défense.

Désormais, la défense dispose de 3 mois pour se préparer et l’on ose croire que le 8 juillet sera la fin de ce feuilleton qui a tant tenu en haleine l’opinion togolaise et plusieurs observateurs de la vie sociopolitique du Togo. Et si l’affaire a suscité autant d’intérêt, c’est justement parce qu’on parle d’une somme astronomique qui aurait été détournée sur le dos du contribuable togolais, par une famille, avec la complicité du gouvernement.

La vérité devrait jaillir, car, c’est l’honneur d’une famille qui est trainé dans la boue, si l’on s’en tient à ce qui a été décidé en première instance. Il fallait donc laver cet honneur, et le conseil de la famille Adjakly et la famille Adjakly elle-même, y tiennent, selon leurs propres dires et surtout. Ils l’ont à maintes reprises laissé entendre, à travers Me Eric Sossah, leur avocat, que les écrits et tout ce qui est dit sur eux dans cette affaire, ne sont que des « affabulations  ». Et au vu des conclusions du rapport d’audit dans lequel on incrimine certaines personnalités, dont celles issues de la famille Adjakly, avec des démonstrations à peine tenables, et qui violent même les règles reconnues en matière d’audit, il y a lieu de se poser la question de savoir, si les auditeurs ont réellement rendu service à celui qui les a recommandés. Ou alors, s’agissait-il d’un deal pour nuire à autrui ?

Heureusement, que le gouvernement a vite compris et a réagi en situant clairement l’opinion sur sa position.

Au-delà de la dénonciation par un membre du gouvernement, de ce qui est écrit dans la presse et qui est aux yeux de ce membre « du faux », il faut scruter aussi les déclarations il y a quelques jours d’un autre membre du gouvernement, de surcroît porte-parole du gouvernement, pour savoir qu’il n’y arien de sérieux dans ce que certains ont appelé abusivement « rapport d’audit », qui pourtant n’en était pas un, et qu’on brandit aujourd’hui comme preuve dans un procès.

« Sur le secteur du pétrole, le rapport dont on parle, n’est pas le rapport qui a été commandé par le gouvernement sur l’audit du secteur du pétrole. Il a été demandé à la direction générale du trésor, appuyée par l’inspection générale des finances, de procéder à cette réconciliation des données, qui est une opération qui se fait régulièrement, en tout cas périodiquement, parce que l’Etat veut connaitre effectivement, entre les chiffres qui sont déclarés et les chiffres tenus par les acteurs du secteur. Vous verrez que l’équipe qui a été mise en place pour cette mission ne comporte pas de spécialiste du secteur du pétrole. Si nous avions commandé un audit du secteur du pétrole, nous aurions recherché l’expertise adaptée à ce secteur du pétrole pour pouvoir demander. Il se trouvait simplement qu’à un moment ou à autre, les termes de références ont été modifiés d’une certaine manière, que la mission a été conduite dans des conditions que vous connaissiez aujourd’hui… »a laissé entendre le ministre Trimua, l’un des porte-paroles du gouvernement, lors d’une émission sur une radio privée de la place.
Une déclaration que vient confirmer ce que disent plusieurs documents qui circulent d’ailleurs sur les réseaux sociaux aujourd’hui. Il s’agit de l’ordre de mission en date du 20 juillet 2020 du directeur général du trésor et de la comptabilité publique, M. Ekpao ADJABO qui autorise « à effectuer une mission de réconciliation des données à la société Togolaise de Sockage de Lomé(STSL et la Société Togolaise d’Entreposage(STE) ».

En outre, la lettre de mission adressée au ministre du commerce, de l’Industrie, du Développement du Secteur privé et de la Promotion de la Consommation Locale en date du 27 juillet 2020 indique donner «  mission pour procéder au contrôle et à la réconciliation des données au niveau de la Société Togolaise de Sockage de Lomé(STSL), de la SociétéTogolaise d’Entreposage(STE), du Complexe Pétrolier de Lomé(COMPLEL), du Comité de Suivi des Fluctuation des Prix des Produits Pétroliers(CSFPPP) et de toutes les autres structures aussi bien publiques que Privées dans la chaîne de la commande des produits pétroliers, à l’équipe conjointe(Inspection Générale des Finances-Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique), d’inspecteurs ». Les mêmes termes y figurent sur le rapport annexe1 qui a été fourni et parlent bien d’une mission de réconciliation. Où a-t-on donc trouvé ce « rapport provisoire d’audit » ?

Avec ces termes et documents à l’appui, il va s’en dire que quelqu’un tapis dans l’ombre a bel et bien modifié les termes de référence comme l’a si bien dit le ministre Christian Trimua. Les documents que nous publions ici en fac similé l’attestent bien et le ministre Trimua que certains ont tenté de dénigrer il y a quelques jours, tout simplement parce qu’il a dit la vérité, a plus raison. Il savait bien ce qu’il disait, ce qui n’est malheureusement pas le cas de ses détracteurs.
Tous ce qui estiment de nos jours que le rapport brandi comme preuve n’est pas fiable et mérite d’être purement et simplement rejeté n’ont pas tort, si l’on s’en tient aux documents qui circulent.

En tout état de cause, le 08 juillet, c’est dans 3 mois, pour que l’opinion soit située. Mais déjà, il y a des gestes et faits qui ne trompent pas, des gestes et faits qui sautent à l’œil.

A suivre