Agrégation : Une moisson historique pour le Togo

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L’Université de Lomé a vécu une journée qui marquera durablement l’histoire de l’enseignement supérieur togolais. En accueillant ses onze nouveaux agrégés, tous admis au 22ᵉ concours d’agrégation du CAMES, l’institution a célébré un exploit national inédit. Pour la première fois, l’ensemble des candidats finalistes togolais ont réussi brillamment, un « fait rare, un fait historique », selon les mots du président de l’Université de Lomé, le professeur Kossivi Hounaké.

La grande salle de la présidence de l’Université était animée d’une émotion palpable, nourrie par la fierté collective et la solennité de l’instant. Responsables universitaires, encadreurs, parents, étudiants et invités ont salué des résultats qui propulsent le Togo au premier rang des douze pays participants, avec un taux de réussite impressionnant de 94,11 %. « Lomé n’est pas seulement un lieu d’enseignement ; elle est une matrice de compétences, un carrefour de l’excellence africaine », a affirmé le professeur Hounaké, soulignant la portée continentale de cette performance.

Au nom des lauréats, le porte-parole est revenu sur un parcours marqué par l’endurance et la foi .

 « Le parcours d’agrégation est un chemin difficile, semé d’embûches, mais en même temps stimulant et formateur. On en sort toujours enrichi, que les résultats soient positifs ou non. », a-t-il laissé entendre.  Dans un témoignage empreint d’humilité, il a rappelé les longues nuits d’étude, les doutes, la pression des jurys et les moments où « la prière devenait le seul refuge ». Il a surtout souligné que « le titre d’agrégé n’est pas un couronnement, mais une mission. L’agrégé doit en principe servir et aider les autres ».

Les lauréats ont exprimé leur gratitude envers leurs encadreurs, qui ont transmis « leurs connaissances et expériences avec passion et patience », ainsi qu’envers leurs familles, « compagnons silencieux de longues nuits de travail ». Le porte-parole n’a pas manqué d’encourager les candidats non retenus, affirmant : « Vous ne déméritez pas. Certainement que l’heure de la providence n’a pas encore sonné. »

Cette cérémonie fut également l’occasion pour le président de l’Université d’annoncer une avancée majeure, la création prochaine d’un Centre de formation pour l’agrégation, destiné à structurer la préparation, renforcer la pédagogie universitaire et faire de Lomé une référence africaine dans la formation des élites académiques. « Votre réussite nous engage à aller plus loin. Lomé doit devenir une capitale africaine de la connaissance », a-t-il déclaré.

La réussite collective de cette promotion, classée pour chacun de ses membres parmi les six premiers de son jury à Dakar, constitue une étape décisive pour le rayonnement des universités togolaises.

« Nous venons ainsi agrandir le vivier des enseignants de rang A du Togo », a rappelé le porte-parole, invitant ses collègues à servir « avec patriotisme et rigueur scientifique » et à soutenir les générations futures.

En clôturant son allocution, il a lancé une phrase devenue le symbole de cette journée : « Quand l’Université va, la République va ».

La performance des lauréats du CAMES 2025 n’est donc pas seulement académique,  elle incarne les ambitions d’un pays décidé à hisser sa recherche et sa formation au plus haut niveau.