Devant le Parlement réuni en Congrès, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a prononcé un discours dense et solennel, qui marque une étape décisive dans la trajectoire institutionnelle du Togo. S’inscrivant dans la dynamique de la Ve République désormais pleinement opérationnelle, il a appelé à une mutation profonde des pratiques politiques, à une gouvernance exigeante et à une mobilisation de tous pour faire de cette République rénovée une véritable République de résultats.
Le chef de l’exécutif a d’emblée salué le sens des responsabilités et l’esprit de consensus ayant permis la réforme constitutionnelle qui a engagé le pays dans un régime parlementaire moderne. Une évolution qu’il qualifie non d’ajustement technique, mais de “révolution de l’esprit public”. Désormais, affirme-t-il, “c’est ici, dans cette Assemblée, que se détermine la politique de la Nation”. Un changement de cap qui impose davantage de débats, de transparence et de proximité avec les citoyens.
Faure Gnassingbé a ensuite rappelé les responsabilités redéfinies pour le gouvernement comme pour les élus. La majorité doit assumer l’action ; l’opposition, exercer une vigilance constructive. Le Parlement est appelé à devenir un véritable “moteur d’impulsion démocratique”, plus actif, plus respecté et plus respectueux, tourné vers la construction plutôt que l’affrontement.
Le Président du Conseil a structuré sa vision autour de trois priorités majeures. D’abord protéger : protéger les citoyens, le territoire et les institutions dans un environnement régional encore instable. Il a réaffirmé la stratégie togolaise de sécurité de proximité, de résilience communautaire et de diplomatie de stabilité, piliers d’un rayonnement international fondé sur un panafricanisme moderne et une diplomatie économique ambitieuse.
Ensuite rassembler : bâtir une République d’équité qui renforce l’inclusion et corrige les déséquilibres territoriaux. La décentralisation doit devenir un moteur de cohésion nationale. “La géographie ne doit plus être un facteur de destin”, a insisté Faure Gnassingbé, appelant à un débat politique apaisé, nourri de propositions et non d’invectives.
Enfin transformer : accélérer la modernisation du pays en générant des résultats concrets. Le chef du gouvernement a dévoilé une feuille de route articulée autour de dix chantiers essentiels : éducation, santé, eau, électricité, emploi des jeunes, sécurité alimentaire, inclusion financière, justice territoriale, transition écologique et digitalisation. L’objectif est clair : bâtir une économie plus compétitive, plus inclusive et résiliente face aux défis du XXIᵉ siècle. Il a également insisté sur la réforme de la justice, la lutte contre la corruption et l’accès équitable aux droits.
Pour atteindre ces résultats, Faure Gnassingbé veut un gouvernement “d’action, d’efficacité et de redevabilité”. Chaque ministre devra répondre d’objectifs précis, tandis que le Parlement sera appelé à un contrôle renforcé de l’action publique. “Je veux que ce mandat soit jugé non sur ses intentions, mais sur ses résultats”, a-t-il martelé.
En conclusion, il a lancé un appel à un pacte national basé sur la loyauté institutionnelle, la solidarité et la rigueur. La Ve République doit devenir une République d’équilibre et une République d’avenir, capable de relever les défis contemporains. “La République est entre nos mains”, a-t-il rappelé, invitant les parlementaires à écrire ensemble une nouvelle page de l’histoire politique du Togo.

















































