Pistes rurales au Togo : Le désenclavement change la vie des populations

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Le bilan national des pistes rurales 2021-2025, présenté par le Ministère du Développement des Pistes Rurales (MDPR), témoigne d’un progrès remarquable : plus de 10 000 km de pistes ouvertes, aménagées ou réhabilitées et des milliers d’ouvrages de franchissement construits. Mais au-delà des chiffres, ce sont les populations rurales qui racontent l’impact réel de ce programme.

Des écoles et centres de santé désormais accessibles

Dans plusieurs villages, les élèves n’ont plus à marcher des heures dans la boue pour rejoindre leurs classes. À Kpélé, un enseignant témoigne : « Avant, nos élèves arrivaient épuisés après avoir traversé des rivières. Aujourd’hui, grâce aux ponts et aux pistes, ils arrivent à l’heure et en meilleure condition pour suivre les cours. »

Les formations sanitaires bénéficient également de ce désenclavement. À Dankpen, une infirmière confie : « Il n’était pas rare que des femmes enceintes accouchent en route, faute d’accès rapide au centre de santé. Maintenant, les routes praticables permettent aux motos-taxis et aux ambulances d’arriver à temps. »

Un souffle nouveau pour l’économie locale

Le programme a aussi stimulé les activités commerciales et agricoles. Plus de 2 819 910 habitants, soit 61 % de la population rurale, sont directement desservis. Dans la région de la Kara, un producteur de maïs explique : « Avant, nos récoltes pourrissaient parfois faute de transport. Aujourd’hui, les camions accèdent facilement à nos champs. Nos revenus ont doublé. »

Les marchés locaux prospèrent également. Avec plus de 1 143 infrastructures marchandes désormais reliées, les commerçants écoulent mieux leurs produits. Une vendeuse de tomates de Sotouboua témoigne : « Le trajet qui me prenait une journée entière ne dure plus que deux heures. Je peux vendre mes produits frais sans pertes. »

Des emplois et des actions sociales durables

Les travaux ont généré plus de 13 000 emplois directs et près de 27 000 emplois permanents via les comités de développement à la base, dont 18 % occupés par des femmes. Par ailleurs, des actions sociales concrètes accompagnent le projet : 367 forages d’eau potable réalisés et près de 3 000 arbres plantés pour préserver l’environnement.

Des témoignages

« Nos enfants arrivent à l’école à l’heure »

Dans le village de Kpélé, Komlan, enseignant depuis dix ans, observe déjà la différence :
« Avant, les élèves mettaient plus d’une heure pour parcourir quelques kilomètres, souvent dans la boue. Beaucoup arrivaient fatigués, parfois même abandonnaient. Aujourd’hui, les pistes et les ponts changent tout : nos enfants arrivent à l’heure, et nous constatons une nette amélioration dans leur assiduité. »

« Les femmes enceintes peuvent enfin atteindre le centre de santé »

À Dankpen, la sage-femme Akouvi se réjouit :

« Combien de fois avons-nous perdu des patientes parce qu’elles ne pouvaient pas atteindre la formation sanitaire ? Aujourd’hui, grâce à ces pistes, les motos-taxis et les ambulances circulent mieux. Les femmes enceintes arrivent à temps, et nous avons réduit les cas d’accouchement en chemin. »

« Nos produits arrivent frais au marché »

Pour les producteurs agricoles, le désenclavement est synonyme de revenus accrus. Ouro, cultivateur de maïs dans la Kara, raconte :

« Avant, nos récoltes restaient coincées dans les champs, faute de routes praticables. Désormais, les camions viennent directement récupérer nos produits. Nous vendons mieux, et nos revenus ont presque doublé. »

Même constat chez Afi, commerçante à Sotouboua :

« Je mettais une journée entière pour rejoindre le marché. Aujourd’hui, le trajet dure deux heures. Je vends mes tomates fraîches, sans pertes. »

Cap sur 2026 : poursuivre la dynamique

Pour la période  2025-2026, le MDPR prévoit encore plus de 1 100 km de pistes et près de 3 000 nouveaux ouvrages. Une perspective porteuse d’espoir pour les localités encore enclavées.

À travers ce programme, le Togo démontre que les pistes rurales ne sont pas seulement des routes de terre : elles sont des voies d’accès à l’éducation, à la santé, aux marchés et à la dignité sociale.