Togo / A propos du vaccin contre la Covid19

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60% de vaccinés envisagés pour la population, l’Etat va commander 40% du vaccin, la plateforme COVAX donnera 20%

«Si vous êtes vaccinés, vous êtes protégés contre la forme grave du covid-19 », dixit Pr Anoumou DAGNRA
Le Conseil Scientifique mise en place pour analyser la situation de la Covid19 au Togo afin de donner ses avis périodiques, a tiré la sonnette d’alarme le jeudi 28 janvier 2021 à propos de la tournure que prend la situation de la pandémie dans notre pays. Malgré les mesures qui avaient été prises en amont afin de limiter la propagation de la maladie après les périodes de fêtes de fin d’année, il n’en est rien. Il est constaté à ce jour une augmentation du nombre de cas infectés qui va sans cesse croissante. Ce qui a obligé le conseil scientifique à faire une sortie pour attirer l’attention des togolais. C’était aussi l’occasion pour le conseil de se prononcer sur le vaccin qui va bientôt arriver dans le pays.

Selon le Prof Didier Ekouévi, Président du Conseil, le nombre de cas ne fait qu’augmenter de semaine en semaine au Togo avec une multiplication de 81% de cas entre décembre 2020 et janvier 2021.

« Le mois de janvier n’est pas encore terminé et nous avons enregistré 1237 cas positifs. C’est la première fois que nous dépassons la barre des 1000 en un mois », a-t-il indiqué.

D’après les chiffres déclarés par le président du conseil scientifique, de mars 2020 à juillet 2020, c’est-à-dire durant 5 mois, il y a eu 941 cas. Une multiplication par deux du nombre de nouveaux cas par rapport à décembre 2020 où l’on était à 659, fait savoir Didier Ekouévi, qui conclu à une situation inquiétante avec une flambée de nouveaux cas depuis le 1er janvier 2021.

Les causes de la flambée de cas positifs au covid-19 au Togo
Pour les membres du Conseil scientifique, il s’agit d’un relâchement total dans les gestes barrières.

« Ce que je retiens c’est que la population ne lave plus les mains, les dispositifs de lavage de main sont là, non utilisés, il n’y a pas d’entretien, pas de savons, il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de papiers mouchoirs », relève Didier Ekouevi qui évoque aussi une proportion non négligeable de la population qui ne porte plus de masques de protection malgré un décret relatif au port obligatoire de masque.

Un appel à la remobilisation

Pour le Président du Conseil scientifique au Togo est devant une situation alarmante et inquiétante avec la présence des foyers notamment dans la région des Savanes et de la Kara.

« Le conseil scientifique fait appelle à la remobilisation de toutes les parties prenantes et le respect des mesures barrières pour contrôler l’épidémie », a-t-il lancé.

Qu’en est-il du vaccin qui est annoncé entre mai-juin 2021 ?

Faut-il se vacciner si on doit continuer par respecter les mesures barrières ?
A cette question le Professeur Anoumou DAGNRA évoque les avantages du vaccin. Pour lui, le vaccin a deux avantages. Le premier avantage, c’est qu’il est individuel. « Si vous êtes vaccinés, ce qu’on sait aujourd’hui, vous êtes protégé contre la forme grave du covid-19 », fait-il savoir. « Ça c’est un acquis ».

Le deuxième avantage, se situe au niveau du nombre de togolais qui seront vaccinés.

« Si nous arrivons à vacciner 60% de la population, nous aurons plus tard, ce qu’on appelle, une immunité collective », précise Anoumou DAGNRA qui évoque le cas Israël.

« On n’a quand même des données intéressantes. Israël est le premier pays en termes de nombre de personnes vaccinées avec 20% de la population vaccinée en général, et 60% des personnes âgées. Et on remarque déjà que dans ce groupe cible, on constate une réduction du nombre de contaminations au covid-19 ».

Mais pour le moment, rappelle-t-il, même si on commande la vaccination aujourd’hui, on ne va pas vacciner les 60% de la population d’un seul coup, ça sera progressif. Pour lui, du moment où on n’est pas encore atteint l’étape de l’immunité collective, il faut absolument continuer par respecter les mesures barrières.
S’agissant du vaccin même qui fait débat, le professeur Anoumou DAGNRA renvoie à la course qui se fait en ce moment par plusieurs pays.

« Si vous connaissez un peu l’histoire de ce vaccin, vous remarquerez qu’il y a plusieurs pays qui se sont alignés, c’est-à-dire que la demande du vaccin est plus forte que l’offre. Il y a des gens qui ont prépayés pour être livrés en vaccin. Et donc si on prend le cas du Togo, il y a deux sources de financements pour avoir ce vaccin. La première source de financement, c’est un don qui va venir d’une plateforme appelée COVAX, qui va donner 20% du vaccin. Et les 40% seront achetés par l’Etat Togolais », déclare-t-il en rassurant que toutes les démarches ont été faites au jour d’aujourd’hui par le gouvernement du Togo pour acquérir ce vaccin. « Mais c’est un problème de délai. On s’aligne comme tous les autres pays »
S’agissant du prix du vaccin, il n’y a pas encore de directive émise par l’Etat à ce sujet.

Et pour les effets indésirables, le conseil scientifique pense qu’il n’y a pas trop de souci à se faire, car à ce jour, le vaccin Pfizer a été vacciné pour plus de 50 millions de personnes de par le monde entier, « et les effets secondaires qui sont enregistrés sont des effets classiques qu’on observe pour la plupart des vaccins … ce sont des vaccins suffisamment inoffensifs ».

« Tous les vaccins qui vont arriver en Afrique seront des vaccins qui sont sûrs. On ne fabriquera pas des vaccins uniquement pour l’Afrique et des vaccins uniquement pour l’Europe, non », relève le professeur Anoumou DAGNRA qui pense que le Togo est sur la bonne voie.
Germain DOUBIDJI

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