Trois questions à Tchaboré Atim, SG au ministère de l’Eau…

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 « Dans tous les documents de base au Togo que nous élaborons, l’eau est toujours prise en priorité »

Dans une interview qu’il a accordée à nos confrère de la télévision en ligne,  EcoConscience Tv, M.  Hatim Tchaboré Secrétaire Général au Ministère de l’Eau et de l’Hydraulique villageoise aborde  le sujet de la Stratégie d’approvisionnent en eau potable  au Togo.    Pour lui,  dans tous les documents de base au Togo qui ont toujours été élaborés ,  la question de l’eau est toujours prise en priorité.  

Parlez nous de la politique d’approvisionnement de l’eau au Togo

Dans tous les documents de base  que nous élaborons au Togo, l’eau est toujours prise en priorité. Sur cette base, il y’a une vision qui a été définie. C’est que d’ici 2030, toute personne qui vit sur le territoire togolais devait avoir accès à l’eau en qualité, en quantité et à un prix abordable. C’est justement sur la base de cette vision que la stratégie est posée. Cette stratégie également prend appui sur trois (03) objectifs. D’abord, l’objectif de développement durable qui va de 2015 à 2030, le plan national de développement qui va de 2018 à 2022 et naturellement la feuille de route  gouvernementale qui part de 2021 à 2025,  avec des cibles biens définies. Pour ce qui concerne le plan national de développement, c’est que d’ici 2022, nous devrions atteindre 68% d’accès à l’eau potable. Aujourd’hui, pour le milieu rural, nous sommes à 64%, le milieu semi-urbain nous sommes à 57% et le milieu urbain sommes à 70% du taux de desserte  à l’eau potable. Par  rapport à la feuille de route  d’ici 2025, nous devons atteindre 85% du taux d’accès à l’eau potable avec 95% en milieu rural ; 85% en milieu semi-urbain et 80% en milieu urbain. Voilà un peu comment nous avons défini la stratégie en termes de vision et en termes d’objectifs.

Pourquoi c’est important d’élaborer une telle stratégie ?

La stratégie constitue pour nous un élément ad-doc, c’est extrêmement important parce que c’est sur la base de cette stratégie que nous avons défini notre planification. Si nous n’avons pas de stratégie, c’est comme quelqu’un qui est en train de naviguer à vue où nous ne savons pas où nous sommes en train d’aller. Aujourd’hui avec cette stratégie, nous avons élaboré une carte de nos besoins,  nous savons où nous n’avons pas de l’eau, nous savons où nous devons améliorer notre performance. D’une façon globale, la stratégie reste pour nous un outil de vision.

Quelles sont les grands axes de cette stratégie ?

Pour pouvoir atteindre les objectifs de la stratégie, nous avons défini trois (03) axes stratégiques : le premier axe est l’amélioration de la gouvernance du secteur de l’approvisionnement en eau potable et dans cet axe-là, nous entendons renforcer le cadre juridique institutionnel et organisationnel. Le code de l’eau a été adopté par exemple depuis 2010, les textes d’application ont été pris mais jusqu’en 2020, la plupart de ces textes d’application ne sont pas mis en application. Par rapport à l’organisation depuis le début de cette année, nous sommes en train de réfléchir par rapport à la délégation des services publics de l’eau et nous avons actuellement en cours le recrutement d’un consultant pour définir le cadre et la stratégie de la délégation des services publics en eau en milieu rural et en milieu semi-urbain.

 Le deuxième axe stratégique concerne l’amélioration de la qualité de service de l’eau potable. Là, nous voulons améliorer notre performance.  Justement par rapport à la stratégie, c’est ce deuxième axe où l’investissement va être vraiment accentué. Nous voulons mobiliser les financements pour pouvoir développer les infrastructures d’eau potable afin de pouvoir desservir en quantité, en qualité et à un prix abordable entre les togolais.

 Le troisième axe  repose sur la sécurisation de la ressource en eau pour l’approvisionnement en eau potable. Au Togo, il pleut en moyenne 1200mm/an. Si vous rapportez cela à la superficie de notre pays, vous avez à peu près plus de 70 milliards m 3 d’eau qui recèlent  chaque année. Si nous voulons atteindre la stratégie, nous ne pouvons pas continuer à compter sur nos eaux souterraines dont nous maitrisons très peu. Donc, cet axe va nous permettre de faire des recherches, des études de faisabilité pour mobiliser les eaux de surface à travers la construction des barrages, des retenues d’eaux,  qui d’une façon ou d’une autre, en plus de l’accès à l’eau potable, l’approvisionnement en eau potable, va nous permettre de redynamiser, de remettre en place notre écosystème, de recharger nos nappes, d’utiliser cette eau-là  pour l’agriculture. Notre agriculture au Togo est fortement dépendante de la pluviométrie, quand il ne pleut pas, quels que soient les moyens dont on dispose, le paysan ne peut pas atteindre les récoltes escomptées.

Nous pouvons compter sur la volonté politique. Nous avons déjà défini tous les défis, nous savons où nous sommes en train d’aller puisqu’également, ces stratégies constituent pour nous un outil qui va servir de planification et de coordination de toute l’exigence dans le secteur de l’eau.

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